Intermarché 28 avril 2026

Intermarché veut faire passer ses marques propres à 40 % du chiffre d'affaires d'ici trois ans

L'enseigne du groupement Les Mousquetaires accélère sur ses MDD avec une refonte complète de l'offre autour de trois piliers — santé, plaisir, responsabilité — et une vingtaine de gammes en chantier pour 2026-2027.

Intermarché met les bouchées doubles sur ses marques de distributeur. L'enseigne, deuxième acteur français de la grande distribution alimentaire, vise 40 % de chiffre d'affaires en MDD d'ici trois ans, contre une trentaine de pour cent aujourd'hui. Une bascule stratégique majeure, présentée comme l'un des leviers de différenciation prioritaires du groupement Les Mousquetaires.

Trois piliers : santé, plaisir, responsabilité

L'offre MDD est désormais articulée autour de trois axes assumés. La santé arrive en tête, avec l'ambition de proposer des produits scientifiquement défendables (Nutri-Score, additifs limités, transformation maîtrisée). Le plaisir reste central pour ne pas verser dans le tout-fonctionnel — gourmandises, indulgences, recettes signature. Et la responsabilité, qui couvre l'origine France, le bio, les emballages et les conditions d'élevage.

Les gammes qui débarquent en 2026

Plusieurs lancements sont déjà calés pour cette année. À partir de mai 2026, l'enseigne déploie une gamme Chiche de produits apéritifs à base de pois chiche, développée en partenariat avec une PME française. Tous les produits affichent un Nutri-Score A ou B — un positionnement rare sur le rayon biscuits salés.

Côté hygiène, Intermarché lance Ok Clean, des produits ménagers et soins corporels composés à plus de 95 % d'ingrédients d'origine naturelle, et notés « Excellent A » par l'application Yuka. Une réponse directe à la défiance d'une partie des consommateurs face aux marques nationales jugées trop chimiques.

Plus ambitieux encore : à horizon 2027, l'enseigne annonce l'une des gammes de produits protéinés les plus larges du marché, avec plus de 20 références. Un segment en forte croissance, aujourd'hui largement occupé par les marques nationales.

Pourquoi maintenant ?

Le contexte est porteur : depuis 2022, l'inflation alimentaire a reposé la question du rapport prix/qualité, et les MDD ont gagné des points de parts de marché chez tous les distributeurs européens. Pour Intermarché, l'enjeu est aussi industriel : le groupement fabrique une partie significative de ses MDD via ses 60 unités de production (Agromousquetaires), ce qui sécurise les marges et la chaîne d'approvisionnement.

Reste à convaincre les consommateurs que ces marques propres valent — voire dépassent — les références de marque nationale. Le pari n'est pas gagné : les MDD haut-de-gamme exigent un effort marketing soutenu, et la fidélité aux marques historiques reste forte sur certains rayons (cosmétique, soins bébé, alcool).

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