Intermarché 20 avril 2026

À Provins, Intermarché expérimente le chariot connecté à reconnaissance visuelle

Première européenne pour l'enseigne : un boîtier embarqué sur les chariots, développé avec Shopic et Capgemini, identifie automatiquement les articles déposés dedans grâce à de la computer vision.

Le passage en caisse pourrait disparaître. Dans son magasin pilote de Provins (Seine-et-Marne), Intermarché teste depuis l'été 2024 un dispositif qui transforme un chariot standard en outil de scan automatique. L'enseigne devient la première en Europe à expérimenter ce concept à cette échelle.

Le principe

Un boîtier compact, développé par la startup israélienne Shopic et déployé en partenariat avec Capgemini, vient se fixer sur n'importe quel chariot du parc existant. À l'intérieur, deux caméras et un processeur exécutent en local un modèle de computer vision capable d'identifier plusieurs milliers de références sans recourir à un code-barres.

Concrètement, le client dépose un produit dans le chariot. Le boîtier reconnaît l'article à la volée, l'ajoute au panier numérique, et affiche le total mis à jour sur un écran fixé au manche. À la sortie du magasin, plus besoin de passer en caisse classique : un point de paiement dédié vérifie le panier et encaisse.

Bénéfices côté client

  • Suivi temps réel du panier et du total — fini les surprises à la caisse
  • Promotions appliquées automatiquement, avec affichage immédiat de la remise
  • Cagnotte de fidélité visible en direct sur l'écran du chariot
  • Disparition de l'attente en caisse, principal point de friction du parcours d'achat selon toutes les études UX retail

Pourquoi c'est intéressant techniquement

Là où Amazon Go avait misé sur des centaines de caméras au plafond et un magasin spécifiquement câblé pour le « walk-out shopping » — un dispositif coûteux, finalement déployé à petite échelle — Shopic propose une solution déportée vers le chariot lui-même. Avantage : n'importe quel magasin existant peut s'équiper sans rénovation lourde. Limite : il faut équiper toute la flotte de chariots, et les boîtiers ont besoin de batterie et de maintenance.

L'IA embarquée est un point dur : reconnaître un yaourt au milieu d'un chariot encombré, dans des conditions d'éclairage variables, est un problème non trivial. Les premiers retours après plusieurs mois indiquent que le système atteint un taux de reconnaissance qui rend l'expérience fluide pour la majorité des paniers — mais les éditeurs reconnaissent qu'il reste perfectible sur les produits frais et les fruits/légumes en vrac.

Et après ?

Si le pilote de Provins confirme les indicateurs business (panier moyen, NPS, temps en magasin), Intermarché pourrait étendre le dispositif à d'autres points de vente du réseau. Le calendrier précis n'est pas communiqué — l'enseigne reste prudente, consciente que le déploiement à grande échelle dépendra autant du coût matériel que de l'acceptation client. Un signal fort, en tout cas, sur la volonté du distributeur de réinvestir le terrain de l'innovation tech, longtemps trusté par les pure players du e-commerce.

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