Intermarché poursuit sa stratégie de contractualisation directe avec les producteurs français. L'enseigne annonce le lancement de six nouvelles filières agricoles en 2026, qui viennent s'ajouter à la trentaine de filières déjà mises en place ces dernières années.
Les six nouvelles filières
- Haricots verts — produits en France sur des contrats pluriannuels couvrant les volumes MDD
- Pommes de terre frites — bascule de l'approvisionnement vers une production hexagonale, sur fond de tension sur les variétés industrielles
- Épeautre — céréale ancienne en redécouverte, prisée pour ses farines et flocons
- Morbier — fromage AOP du Jura sécurisé via accord avec une coopérative locale
- Champignons — blancs et bruns, en partenariat avec des champignonnières françaises (un secteur particulièrement exposé à la concurrence polonaise et néerlandaise)
- Salade Iceberg — production sous contrat hexagonal pour limiter les imports espagnols hors saison
Le modèle des « filières Intermarché »
Le mécanisme est éprouvé. L'enseigne s'engage sur des volumes garantis pluriannuels et un prix défini en amont, indexé sur les coûts de production réels du producteur. En contrepartie, les agriculteurs respectent un cahier des charges (origine, méthodes, traçabilité) et fournissent en priorité l'enseigne.
Ce modèle, théorisé par Michel-Édouard Leclerc dans les années 2000 et adopté par tous les distributeurs depuis la loi EGalim, vise un double objectif : sécuriser l'approvisionnement face aux aléas climatiques ou géopolitiques, et répondre à la demande des consommateurs sur l'origine France — un critère qui pèse désormais dans les décisions d'achat selon plusieurs études récentes.
Une cinquantaine de filières au total
Avec ces six nouvelles entrées, Intermarché atteindra une cinquantaine de filières contractualisées couvrant les principales catégories : viandes, légumes, fruits, produits laitiers, céréales. L'enseigne communique régulièrement sur ces partenariats, qui sont aussi un argument différenciant face à Lidl ou Carrefour, sur des rayons (boucherie, fromage à la coupe) où l'origine reste un critère premium.
À surveiller : la question des prix. Si la contractualisation protège les producteurs, elle pèse mécaniquement sur le ticket de caisse — un équilibre délicat dans le contexte concurrentiel actuel.