Coup de communication ferme du discounter allemand. Après plusieurs articles de presse évoquant un possible désengagement d'Aldi du marché français début janvier, l'enseigne a opposé un démenti net et précisé sa feuille de route. Le groupe « est et restera engagé à long terme sur le marché français », a martelé son CEO France Pascal Hirth.
6 milliards d'euros, 2,8 % de part de marché
Les chiffres 2025 viennent étayer le discours. Aldi France revendique 6 milliards d'euros de chiffre d'affaires (en hausse de 6,5 % en valeur), une croissance de 9 % en volume, et un gain de 0,1 point pour atteindre 2,8 % de part de marché. Sur un secteur où chaque dixième de point pèse plusieurs centaines de millions d'euros, la trajectoire est positive — même si elle reste très en-deçà de Lidl (~9 % de PDM).
25 ouvertures et 100 rénovations par an
L'enseigne maintient en 2026 le rythme adopté en 2025 :
- 25 nouvelles ouvertures nettes par an
- ~100 magasins rénovés annuellement aux nouveaux standards (allées élargies, rayons frais étendus, équipements basse consommation)
L'objectif officiel reste d'atteindre 1 900 magasins en France d'ici une dizaine d'années — soit environ 50 % de plus que le réseau actuel, qui compte plus de 1 350 points de vente.
L'ombre Leader Price
L'opération de croissance la plus marquante du distributeur reste l'acquisition de Leader Price en 2021. Si elle a doublé la taille du réseau d'un coup, l'intégration n'a pas livré tous les bénéfices espérés : repositionnement difficile, taux de transformation des magasins parfois décevant, et concurrence frontale renforcée avec Lidl. C'est cet héritage, plus que la stratégie organique, qui a alimenté les rumeurs de cession.
Aldi parie désormais sur une croissance organique disciplinée : sortir des acquisitions massives, consolider l'existant, et capitaliser sur sa marque de distributeur (90 % de l'assortiment). Une approche moins spectaculaire que celle de Lidl, mais qui a fait ses preuves en Allemagne et au Royaume-Uni.