Vival 4 mai 2026

L'épicerie nomade Vival étend sa tournée à 19 communes du Puy-de-Dôme

Une supérette sur roues, 350 produits aux prix magasin, 59 arrêts par semaine sur 350 km : le test grandeur nature mené par Casino depuis le Vival d'Auzat-la-Combelle remet au goût du jour les commerces ambulants des années 1950.

Casino renoue avec une vieille recette pour répondre à un mal moderne. Depuis le Vival d'Auzat-la-Combelle (Puy-de-Dôme), le distributeur déploie en 2026 son épicerie nomade — une supérette ambulante qui fait sa tournée chaque semaine dans les communes rurales sans commerce.

Le dispositif

  • 19 communes et 40 lieux-dits desservis
  • 59 arrêts hebdomadaires sur une boucle de 350 kilomètres
  • 350 produits de base : sec, frais, fruits et légumes, hygiène, entretien, plus une sélection de produits locaux
  • Mêmes prix qu'en magasin — pas de surcharge de proximité
  • Livraison à domicile proposée aux personnes les plus isolées

L'épicerie nomade a été co-construite avec les élus locaux pour adapter le parcours et l'assortiment aux besoins réels de chaque territoire — un point qui distingue le projet d'une démarche purement commerciale plaquée d'en haut.

20 000 communes françaises sans commerce

L'enjeu dépasse l'expérimentation marketing. La direction générale de Casino le rappelle : « 20 000 communes dans notre pays n'ont plus aucun commerce ». Désertification commerciale, isolement des personnes âgées, fracture territoriale : autant de problématiques que les pouvoirs publics peinent à traiter, et auxquelles le secteur privé répond timidement.

L'épicerie nomade s'inscrit dans cette brèche. Elle ne remplace pas un magasin — elle vient là où il n'en reste plus, ou là où la densité ne justifie plus une boutique permanente.

Une recette ressuscitée des années 1950

Le concept n'a rien d'inédit pour Casino. L'enseigne pratiquait déjà la vente ambulante en zones rurales après la Seconde Guerre mondiale, avec des camions d'abord bleu marine, puis aux couleurs vert et blanc de la maison. Cette tradition s'était éteinte avec la motorisation des familles et l'essor des hypermarchés.

L'idée revient aujourd'hui sous une forme modernisée — caisse connectée, gestion d'assortiment dynamique, communication numérique des passages — mais avec la même mission qu'à l'origine : amener le magasin là où le client ne peut plus venir.

Et après ?

Si l'expérimentation puydômoise confirme ses indicateurs (chiffre d'affaires, satisfaction, panier moyen, retours élus), le dispositif pourrait être répliqué dans d'autres départements à faible densité. Casino se positionne ainsi en « champion de la proximité » à un moment où Carrefour et Auchan recentrent au contraire leurs investissements sur les hyper et le drive — laissant un boulevard, ou plutôt une route de campagne, à qui veut bien la prendre.

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