Une progression portée par l’alimentaire et les magasins français
Le chiffre d’affaires du groupe atteint 22,78 milliards d’euros au trimestre après application de la norme comptable IAS 29. Avant cet ajustement, les ventes s’élèvent à 22,69 milliards d’euros. La croissance de 2,3 % à magasins comparables constitue une mesure distincte de la hausse totale des ventes : elle neutralise notamment l’effet des ouvertures et fermetures afin de mieux apprécier l’activité du parc existant.
En France, la hausse comparable de 1,2 % concerne l’ensemble des formats. Les anciens magasins Cora et Match progressent ensemble de 6,1 % sur ce même indicateur. Carrefour souligne aussi la contribution des commerces de proximité, un segment où il prépare de nouveaux relais de croissance avec l’accord d’acquisition de Codifrance. Ce rapprochement annoncé la veille reste soumis à l’autorisation de la concurrence et ne se traduit pas par un changement immédiat des magasins clients du grossiste.
Le trimestre a également vu l’ouverture de 54 magasins de proximité en France. Le groupe fait état de nouvelles baisses de prix lancées en août sur plus de 500 produits, avec une réduction moyenne annoncée de 8 %. Les chiffres décrivent des initiatives commerciales du distributeur, sans signifier que l’ensemble du panier des ménages a baissé d’autant.
Commerce en ligne, technologies et immobilier
Carrefour indique une progression de 18 % de son commerce en ligne à l’échelle du groupe et de 15 % pour l’activité française. Il poursuit aussi le déploiement de la solution Vusion : 28 hypermarchés français étaient équipés à la fin du trimestre afin de mieux repérer les ruptures de stock et les anomalies en rayon.
Le groupe a parallèlement annoncé une cession-bail portant sur 35 magasins en France et en Espagne. Cette opération immobilière permet de céder les murs tout en poursuivant l’exploitation des commerces. Elle se distingue des variations de ventes présentées dans les résultats du trimestre.
Des prévisions financières abaissées pour la fin d’année
La principale inflexion concerne la rentabilité. Carrefour prévoit désormais une progression de sa marge opérationnelle courante de 0 à 15 points de base, contre une hausse de 25 points de base envisagée précédemment. Son résultat net ajusté par action est attendu stable ou en légère croissance. Le flux de trésorerie disponible net devrait, lui, légèrement reculer.
Le groupe vise aussi 1,6 milliard d’euros d’investissements annuels, contre 1,7 milliard d’euros auparavant. Il explique cette prudence par des perturbations de l’exploitation et de la fréquentation de certains magasins, ainsi que par la hausse des coûts de sécurité et de logistique. Ces ajustements financiers n’impliquent pas, en eux-mêmes, une fermeture générale de points de vente.
Dans une distribution française très concentrée, les parts de marché des grandes enseignes rappellent que la croissance d’un réseau ne se résume pas aux recettes d’un seul trimestre. Prix, formats de proximité et commerce en ligne demeurent trois terrains de concurrence essentiels pour Carrefour et ses rivaux.



