Une enseigne que l’on comprend mieux à 22 heures qu’à 10 heures du matin
Sitis appartient à cette catégorie de commerces dont l’utilité devient particulièrement évidente lorsque les grandes surfaces ont déjà fermé.
Dans plusieurs villes, les magasins Sitis ou Sitis Market affichent des amplitudes horaires larges. Certains établissements accueillent les clients jusque tard dans la soirée, ce qui les place davantage dans l’univers de la supérette urbaine que dans celui du supermarché hebdomadaire.
Cette disponibilité répond aux habitudes contemporaines : horaires de travail décalés, repas improvisé, ingrédient oublié, étudiants rentrant tard ou habitants qui ne souhaitent pas traverser la ville pour trois produits.
Le Sitis Market de Creil, par exemple, est référencé avec une ouverture quotidienne jusqu’à 22 heures.
Le magasin de quartier n’a plus forcément un assortiment « français classique »
L’un des aspects intéressants de Sitis réside dans la diversité alimentaire que certains magasins mettent en avant.
Un point de vente parisien de l’enseigne présente explicitement son offre comme un mélange entre produits français, produits du terroir et spécialités internationales. Fromages, charcuteries, snacks et références venues d’autres cuisines peuvent ainsi cohabiter dans quelques centaines de mètres carrés.
Cette logique correspond bien aux quartiers urbains actuels.
Le client n’attend plus nécessairement de sa supérette qu’elle vende uniquement des pâtes, du jambon et du lait. Il peut chercher une sauce particulière, des épices, une boisson importée, un produit halal, une spécialité méditerranéenne ou un ingrédient utilisé dans une cuisine asiatique ou africaine.
Le petit commerce alimentaire devient alors un reflet assez fidèle de la population qui l’entoure.
Une sélection plus courte oblige le commerçant à faire des choix
Une supérette ne peut pas accueillir trente références de chaque produit.
Le travail d’assortiment est donc essentiel. Il faut choisir les bouteilles qui se vendront réellement, les formats de lait les plus demandés, les snacks adaptés au quartier et les produits frais dont la rotation sera suffisamment rapide.
Cette contrainte peut paradoxalement rendre le magasin plus lisible.
Pour acheter une bouteille d’eau, du riz ou un paquet de biscuits, le client ne passe pas dix minutes devant un mur de références. Il trouve quelques alternatives et poursuit ses courses.
Dans les meilleurs points de vente, cette sélection est complétée par des produits davantage différenciants : spécialités du monde, produits frais ou références difficiles à trouver dans une chaîne généraliste.
Quand la proximité se mesure en minutes à pied
Le principal concurrent d’une supérette n’est pas toujours le supermarché le moins cher.
C’est souvent le temps.
Un magasin situé à cinq minutes du domicile peut remporter l’arbitrage face à un hypermarché nécessitant vingt minutes de voiture, notamment lorsque le panier se limite à quelques produits.
C’est particulièrement vrai dans des villes denses comme Paris. Le Sitis Market de la rue de Bagnolet se trouve dans un secteur où plusieurs commerces alimentaires coexistent à très faible distance.
Dans ce type d’environnement, l’enseigne doit donc gagner sur d’autres critères : amplitude horaire, rapidité de passage, accueil, références particulières ou qualité du dépannage.
Le panier typique n’est pas celui du samedi matin
Chez Sitis, le panier peut contenir six ou huit articles plutôt qu’un chariot entier.
Un client entre pour prendre des boissons avant une soirée. Un autre cherche les ingrédients d’un dîner rapide. Un troisième vient acheter le petit-déjeuner du lendemain.
Cette fréquence élevée modifie la manière de consommer.
Acheter régulièrement de petites quantités peut réduire le stockage et le gaspillage, mais peut également rendre le suivi du budget plus difficile. Cinq passages de quinze euros paraissent parfois moins importants qu’un ticket de soixante-quinze euros, alors que la dépense finale est identique.
Le commerce de proximité est donc particulièrement pratique lorsqu’il reste associé à des achats identifiés.
La montée des services de quartier
Les nouvelles supérettes ne se contentent plus nécessairement de vendre des produits.
Livraison, click & collect, fidélité ou services complémentaires peuvent progressivement s’ajouter à l’activité traditionnelle.
Une ouverture récente de Sitis Market à Orly a ainsi été présentée comme un commerce de proximité avec carte de fidélité et volonté de créer un lieu de confiance et d’échanges pour les habitants.
Cette évolution montre que la petite surface alimentaire cherche désormais à combiner deux mondes : la simplicité de l’épicerie de quartier et certains outils de la grande distribution.
Sitis n’est pas une expérience parfaitement uniforme
Le réseau référencé sous ce nom comprend des établissements de formats et de profils différents.
Certains sont clairement identifiés Sitis Market, tandis que d’autres présentent une identité locale plus visible. Les horaires sont eux aussi très variables.
Cela oblige à raisonner magasin par magasin.
Le Sitis de Fontainebleau, installé rue Grande, évolue dans un environnement commerçant très différent d’une supérette ouverte tard dans un quartier résidentiel de banlieue.
Cette diversité fait partie de l’univers des réseaux de proximité.
Un commerce adapté aux courses qui n’étaient pas prévues
Sitis n’a pas vocation à remplacer systématiquement un hypermarché.
Son terrain naturel est le quotidien immédiat.
Le lait manque au réfrigérateur, quelques amis arrivent, le dîner doit être préparé en vingt minutes ou une envie de produit particulier apparaît : la supérette existe précisément pour ces situations.
Et dans une ville où les rythmes de vie sont de moins en moins uniformes, être ouvert au bon endroit et au bon moment peut finalement compter autant que disposer du plus grand assortiment.