Dans cette épicerie, le paquet est presque l’intrus
Day by Day part d’un principe radicalement différent de celui d’un supermarché classique : le consommateur ne choisit pas d’abord une marque et un conditionnement, mais un produit et une quantité.
L’enseigne a développé un réseau d’épiceries spécialisées dans la vente en vrac, avec plusieurs centaines de références couvrant aussi bien l’alimentation que certains produits ménagers ou d’hygiène.
Le concept a été lancé au début des années 2010 autour de Didier Onraita et David Sutrat, avec l’ambition de proposer les produits courants sans emballage imposé.
La visite commence donc souvent avec des sacs, des bocaux ou des contenants réutilisables.
Le vrai luxe du vrac : pouvoir acheter 83 grammes si l’on veut
On associe généralement le vrac à la réduction des déchets.
C’est important, mais son avantage le plus concret au quotidien est peut-être la liberté de quantité.
Une recette demande cinquante grammes de noisettes ? Inutile d’acheter un paquet de 300 grammes. Une personne vivant seule souhaite tester une nouvelle céréale ? Elle peut repartir avec une petite portion.
Cette flexibilité change complètement le rapport au prix.
Le produit n’est plus comparé uniquement paquet contre paquet, mais selon le poids réellement nécessaire.
Dans un magasin comme le Day by Day d’Annecy, cette manière d’acheter concerne une épicerie entière plutôt qu’un simple rayon placé au fond d’un supermarché.
Le rayon le plus intéressant n’est pas forcément celui des pâtes
Quand on pense vrac, on imagine immédiatement des céréales, du riz et des lentilles.
Day by Day va plus loin.
Épices, thés, cafés, fruits secs, biscuits, confiseries, apéritifs et produits de droguerie peuvent également être vendus selon la quantité souhaitée.
C’est dans ces catégories que le concept devient particulièrement intéressant.
Acheter dix grammes d’une épice utilisée une fois tous les trois mois est beaucoup plus logique qu’un pot qui perdra progressivement son parfum dans un placard.
Même chose pour un produit ménager que l’on souhaite tester avant d’adopter un grand format.
Faire ses courses sans emballage demande un peu plus d’attention
Le vrac supprime une partie des informations présentes sur le paquet.
Il faut donc développer d’autres habitudes : lire l’étiquette du distributeur, retenir le numéro du produit, connaître le prix au kilogramme et identifier correctement le contenu une fois rentré.
Les bocaux anonymes peuvent rapidement devenir problématiques.
Farine de blé, farine d’épeautre, sucre glace et bicarbonate ne sont pas toujours faciles à distinguer plusieurs semaines plus tard.
Une étiquette avec le nom du produit et la date d’achat suffit à éviter bien des erreurs.
Le vrac n’est pas nécessairement bio
C’est une confusion fréquente.
Un produit vendu en vrac peut être biologique ou conventionnel. Le mode de distribution et le mode de production sont deux sujets différents.
Day by Day peut proposer des références bio, mais son identité centrale reste la vente sans emballage imposé.
Le consommateur doit donc continuer à lire les informations disponibles s’il recherche spécifiquement une certification, une origine ou une composition.
Cette distinction est importante dans un magasin comme le Day by Day de Rennes, référencé parmi les commerces spécialisés dans le vrac et le bio.
Le geste de course est plus lent au début, puis devient mécanique
La première visite peut demander un peu d’apprentissage.
Quel contenant utiliser ? Comment peser ? Où noter la référence ? Peut-on mélanger plusieurs produits ?
Après quelques passages, le système devient beaucoup plus naturel.
Les clients réguliers connaissent leurs contenants, savent approximativement la quantité nécessaire et repèrent rapidement les produits.
Le magasin peut même devenir plus rapide qu’un supermarché lorsque l’on dispose d’une liste précise.
Le prix du vrac mérite d’être regardé produit par produit
L’absence d’emballage ne garantit pas automatiquement un prix inférieur.
Certaines références sont compétitives ; d’autres peuvent coûter davantage en raison de leur qualité, de leur fournisseur ou des volumes commercialisés.
L’avantage économique vient parfois moins du prix au kilo que de l’absence de surplus.
Acheter 200 grammes à 10 euros le kilo coûte deux euros. Acheter un paquet de 500 grammes à huit euros le kilo coûte quatre euros.
Le deuxième produit est moins cher au kilo, mais plus cher pour le besoin réel.
Une nouvelle manière de constituer son garde-manger
Le vrac fonctionne particulièrement bien lorsque le placard est pensé comme une petite réserve.
Quelques bocaux de riz, lentilles, pâtes, flocons, fruits secs et épices permettent de construire de nombreux repas.
Lorsqu’un contenant se vide, on le remplit à nouveau.
Cette logique de recharge se rapproche davantage de l’ancienne épicerie que de la consommation moderne fondée sur le renouvellement permanent des emballages.
Le Day by Day de Versailles illustre bien cette intégration du vrac dans un environnement commerçant de centre-ville.
Day by Day transforme surtout la question posée devant le rayon
Dans un supermarché, la question habituelle est : « quel paquet vais-je choisir ? »
Chez Day by Day, elle devient : « de combien ai-je réellement besoin ? »
Cette différence paraît minuscule.
Elle peut pourtant modifier la manière de cuisiner, de stocker et même de percevoir le gaspillage.
C’est probablement là que se trouve la véritable originalité de l’enseigne.