Bi1 se prononce « bien », et ce n’est pas un détail
Le nom Bi1 ressemble presque à un message écrit trop vite sur un téléphone. Pourtant, il résume assez bien le projet de l’enseigne : « bien consommer » et « bien manger ». Créée par le groupe Schiever en 2013, Bi1 occupe une place assez singulière dans le paysage français. Là où de nombreuses chaînes cherchent d’abord la couverture nationale, elle reste fortement associée à la Bourgogne-Franche-Comté et aux territoires ruraux ou semi-ruraux.
Ce détail change beaucoup de choses. Un supermarché implanté dans une petite ville du Jura ou de la Nièvre ne répond pas aux mêmes attentes qu’un magasin urbain entouré de dizaines de concurrents. Il doit être suffisamment complet pour éviter plusieurs déplacements, proposer des produits frais crédibles et rester connecté aux habitudes alimentaires de son territoire.
C’est précisément sur ce terrain que Bi1 construit son identité.
Un supermarché pensé pour les villes où l’on ne veut pas faire trente kilomètres pour ses courses
Dans de nombreux territoires ruraux, le supermarché joue un rôle plus large que celui d’un simple point de vente. On y achète les produits de base, bien sûr, mais aussi le repas du dimanche, la viande pour recevoir, les légumes de la semaine ou les spécialités que l’on souhaite servir à des invités.
Bi1 se positionne comme un magasin suffisamment généraliste pour remplir cette fonction. Épicerie, boissons, frais, surgelés, hygiène et entretien constituent la base. L’intérêt se joue ensuite dans les rayons qui donnent du caractère à l’établissement : fruits et légumes, boucherie, charcuterie, fromages, boulangerie ou traiteur selon les magasins.
Ce modèle se remarque notamment dans des implantations comme le Bi1 de Veigy-Foncenex, où le magasin fonctionne comme un véritable supermarché de bassin de vie plutôt que comme une simple supérette.
Le local n’est pas seulement une étiquette de rayon
Bi1 met volontiers en avant les productions régionales. Cette orientation est particulièrement cohérente dans des territoires où les filières agricoles et agroalimentaires restent très visibles : élevage, fromages, charcuteries, vins, produits céréaliers ou spécialités artisanales.
Pour un client, le mot « local » peut cependant recouvrir plusieurs réalités. Un produit fabriqué dans le département n’est pas nécessairement composé uniquement d’ingrédients locaux ; à l’inverse, un produit transformé un peu plus loin peut s’appuyer sur une matière première issue de la région.
Le véritable intérêt d’un supermarché régional est donc sa capacité à donner de la place à des références qui auraient du mal à entrer dans des assortiments nationaux très standardisés.
Dans un magasin Bi1, cette dimension peut se traduire par des produits de producteurs proches, des spécialités bourguignonnes ou franc-comtoises, mais aussi par des habitudes de consommation propres au territoire.
La boucherie comme révélateur de l’identité Bi1
Il existe des rayons que l’on peut presque automatiser : biscuits, conserves, papier ménager. La viande fonctionne différemment. Elle implique des filières, de la découpe, du conseil et une relation de confiance.
Bi1 accorde une importance particulière aux métiers traditionnels et aux filières de qualité. Dans les magasins disposant d’un rayon boucherie, le client ne vient pas seulement choisir une barquette. Il peut chercher une pièce adaptée à une cuisson, demander une quantité précise ou prévoir un repas familial.
Cette logique renvoie à une conception du supermarché plus proche du commerce alimentaire traditionnel : le magasin reste généraliste, mais certains rayons conservent une dimension de métier.
Le Bi1 de Luzy, dans la Nièvre, illustre bien ce type d’implantation où la grande distribution doit composer avec une clientèle locale fidèle et des habitudes d’achat ancrées.
Faire ses courses chez Bi1 : une logique de panier complet
Bi1 n’est pas une enseigne que l’on choisit uniquement pour un univers spectaculaire ou une catégorie précise. Son intérêt réside davantage dans l’équilibre.
Le client peut commencer par les produits frais, compléter avec l’épicerie, acheter les articles ménagers et repartir avec de quoi organiser plusieurs repas. Cette simplicité est importante dans des zones où les commerces spécialisés ne sont pas toujours réunis dans la même rue.
Pour profiter au mieux du magasin, il peut être intéressant de construire sa liste autour des repas plutôt que des rayons. Un poulet, quelques légumes, des œufs et un fromage peuvent servir de base à plusieurs préparations. Les promotions deviennent alors un moyen d’adapter le menu et non une raison d’accumuler des produits.
Une enseigne régionale face aux géants nationaux
La différence entre Bi1 et un grand réseau national ne tient pas nécessairement à la taille du magasin. Elle tient surtout à la manière dont l’enseigne se présente.
Le nom, la communication et la place accordée aux produits régionaux cultivent une relation plus territoriale. Cette proximité ne garantit évidemment pas que chaque référence soit locale ou que chaque magasin fonctionne de façon identique. Elle donne néanmoins une cohérence au réseau.
Cette identité peut séduire les consommateurs qui souhaitent conserver les avantages d’un supermarché — horaires, choix, facilité de stationnement, promotions — sans avoir l’impression de fréquenter exactement le même magasin dans toutes les régions de France.
Des magasins qui ne se ressemblent pas totalement
Le réseau couvre des communes très différentes. Un établissement proche de la frontière suisse, un magasin du Morvan et un point de vente jurassien n’ont pas la même clientèle ni les mêmes contraintes.
Les amplitudes d’ouverture, la taille du parking, la présence d’un rayon traditionnel ou la profondeur de l’assortiment peuvent donc varier.
Avant un déplacement spécifique, mieux vaut consulter la fiche locale. Les habitants ou visiteurs du Jura peuvent par exemple vérifier les informations du Bi1 de Salins-les-Bains.
Ce qui distingue finalement Bi1
Bi1 n’essaie pas de réinventer le supermarché. Son originalité est ailleurs : défendre un supermarché généraliste avec un accent régional assumé.
Pour les consommateurs de Bourgogne-Franche-Comté et des territoires voisins, l’enseigne peut représenter un compromis intéressant entre la puissance logistique de la grande distribution et une approche plus attentive aux produits du territoire.
C’est peut-être aussi ce qui explique son nom. Faire ses courses « bi1 », dans cette logique, ne consiste pas à remplir mécaniquement un chariot. Il s’agit de privilégier un magasin qui cherche à rester connecté au lieu dans lequel il est implanté.